La beauté et ses artifices

Nous ne pouvons pas parler de la beauté de la Renaissance sans nous pencher, aprés l'aspect mathématique, moral et religieux, sur l'aspect purement physique. Car là aussi régnaient de nombreux canons. La beauté est à la fois charnelle et céleste : C'est Vénus. Nous allons donc nous livrer à une étude descriptive de la femme parfaite, en partant du haut du corps et en descendant progressivement.

<----Les cheveux

<----Le front

<----Les sourcils, les cils et les yeux

<----Le teint

<----Les joues, les lèvres

 

<---- les ongles et le bout des seins

 

<----La taille

<----Les hanches

 

<----Les cuisses

 

 

Certes, cette beauté n'était pas innée pour tout le monde. Elle ne l'était même que très rarement. Toutefois, l'acte de s'embellir était assimillé à un usage malhonnéte; ce qui n'empêchait pas la diffusion sociale des artifices.

 


 

Les cheveux étaient longs, tressés ou entrelacés de pierres et perles précieuses et dont le blond vénitien est connu à travers les siècles. Les femmes de la Renaissance ne ménagaient ni leurs efforts ni leur imagination. Elles s'enduisaient les cheveux d'un mélange de safran et de citron. Voici une autre préparation d'une lotion cencé faire blondir la chevelure : des cendres de hérisson, du sang de chauve-souris, du sulfure d'arsénic, de la chaux vive, des décoctions de lézards verts dans de l'huile de noix et du souffre.Puis elles se coiffaient d'un chapeau sans calotte.Voici quelques exemples de coiffures.

Le front était haut et bombé, et pour l'obtenir on se l'épilait à l'aide de pinces ou cire chaude.

Importés d'orient, on découvrait les fards. Les courtisanes et les femmes se maquillaient les yeux, les cils et les sourcils (qu'elles s'épilent) à l'antimoine noire.

C'était une peau blanche comme du lait ou de l'aubépine qui primait. Les dames de la Renaissance avaient un teint diaphane, mais l'acquisition de cette peau de lys ne se fesait pas toujours sans douleur et danger, puisqu'elles se blanchissaient à la céruse et au sublimé, solutions toxiques à base de plomb et de mercure qui ronge la peau jour après jour. Elles ne s'exposaient jamais au soleil, se recouvrant et se protégeant de draps, de voiles et d'ombrelles.

On se pincait les joues et se mordillait les lévres, car la mode était à la rougeur. Pour l'amplifier, on ajoutait du vermillon.

Les seins étaient petits et pointus. On les frictionnnait et les pinçait pour qu'ils pointent à souhait.De plus, on s'enduisait les tétons avec du vermillon également pour les rougir, tout commes les ongles qui terminaient des mains fines et blanches.

Le ventre était fin et lisse, sans un pli ni un bourrelet. La taille juvénile s'obtenait aussi à l'aide de corsets qui l'emprisonnaient et donnait un effet d'extrême finesse au niveau de la taille. Pourtant ces derniers provoquaient des difficultés respiratoires car ils comprimaient la cage thoracique.

Les hanches féminines étaient larges. Ce n'est pas pour rien qu'on compare la silhouette de la femme de la Renaissance à un sablier, car l'effet obtenu est équivalent.

De plus, les femmes ne se lavaient guère, elles se recouvraient la peau d'épaisses couches de maquillage et se frottent le corps avec les linges parfumés.


 

 

 

La beauté est, une fois de plus, idéalisée. Les femmes se tiennent dans des postures peu naturelles, qui rapellent les déhanchés des statues grecques antiques. Et cette Vénus de Boticelli a tout d'une statue : D'une blancheur d'ivoire, sans le moindre poil ni bourrelet, elle est l'archétype même de la beauté de marbre. Mais les artistes de l'époque transforment la réalité pour mieux se rapprocher de leur conception de l'idéal féminin. Pourtant, les aristocrates et mécènes, qui admirent certes les beautés froides de Raphaël, aiment également les rondeurs des femmes de chez Titien ou de Rubens.Cuisses dodues, poitrines lourdes et embonpoint apétissant: Rubens incarne ce glissement vert un art sensuel, un appel aux sens et au désir du spectateur.

Les Blasons

Et c'est ainsi que le corps est soumis à de nombreux canons, codes et idéaux. Et si les peintres s'épuisent à coucher la femme idéale et céleste sous leurs pinceaux, les écrivains aussi cherchent à exprimer et glorifier la beauté par l'écriture. La forme la plus révélatrice de cette glorification du corps féminin est assurément le blason, qui est un court poème écrit à la louange d'un objet quelconque, dont on célèbre les vertus singulières. A l'origine, c'est le poéte Clément Marot, avec son "Blason du beau tétin", qui fut le fondateur de ce qu'on peut considérer comme étant un jeu littéraire. Les émules ne manquèrent pas, de Maurice Scève  ("Blason du sourcil") à Mellin de Saint-Gelais  ("Blason de l'oeil"), pour s'en tenir au seul XVIème siècle.


 

On voit donc une sophistication, tant dans les artifices pour s'approcher de cette beauté tant adulée et recherchée, que dans sa représentation ou sa description. C'est une recherche constante de la perfection, l'approche de l'idéal divin de Vénus représentée sous de nombreuses formes. La Renaissance est aussi le moment ou la beauté austére du Moyen-Age laisse place à une beauté charnelle qu'on se doit d'essayer d'approcher.

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